Conformité en agence
- Déontologie : le décret impose loyauté, compétence, confidentialité, non-discrimination, et demande des procédures internes écrites connues de tous.
- Preuves : l’agence doit conserver mandats signés, traces d’échanges et pièces justificatives, assurer transparence des commissions et utiliser des outils de gestion sécurisés.
- Contrôles : la formation continue, les audits et la tenue rigoureuse des dossiers réduisent le risque de sanctions administratives, pénales ou professionnelles.
Guide pratique : décret n°2015-1090 et obligations des agents immobiliers
Le décret n°2015-1090 a clarifié et renforcé, depuis 2015, plusieurs obligations déontologiques des professionnels de l’immobilier. Il s’inscrit dans un ensemble réglementaire comprenant la loi Hoguet (loi n°70-9) et la loi ALUR (loi n°2014-366) et vise à garantir loyauté, transparence, compétence et confidentialité. Ce guide pratique synthétise les points essentiels à appliquer au quotidien en agence pour rester en conformité et limiter les risques disciplinaires ou juridiques.
Ressources officielles et références
Les textes officiels restent la référence unique : le décret n°2015-1090, la loi Hoguet consolidée et les dispositions issues de la loi ALUR sont consultables sur Legifrance. Il est recommandé de conserver une copie PDF des textes et des modèles d’affiches déontologiques pour affichage en agence et pour référence lors des contrôles.
Principes déontologiques essentiels
Le décret rappelle des principes simples mais contraignants : loyauté envers le client, probité dans les relations commerciales, confidentialité des informations, compétence professionnelle et absence de discrimination. Ces principes doivent se traduire par des procédures internes écrites et connues de l’ensemble des collaborateurs.
Application concrète en agence
Pour chaque mandat et chaque transaction, l’agence doit pouvoir prouver l’application des règles : existence d’un mandat écrit, information claire du client sur les services, transparence sur les commissions, conservation des pièces justificatives et traçabilité des échanges. Un logiciel de gestion adapté facilite les contrôles et les rapports internes.
Confidentialité et secret professionnel
La confidentialité concerne tant les données personnelles que les informations financières des clients. Les bonnes pratiques incluent la limitation des accès aux dossiers, le chiffrement des fichiers sensibles, une politique de mots de passe robuste et des sauvegardes sécurisées. Il est également important d’ajouter une clause de confidentialité dans chaque mandat précisant les destinataires autorisés des informations et les conditions de communication. voir cet article
Procédures concrètes recommandées
- Intégrer une clause de confidentialité type dans tous les mandats et obtenir la signature du client avant toute transmission d’informations sensibles.
- Définir des niveaux d’accès aux dossiers selon les fonctions (par exemple : gestion commerciale, comptabilité, direction) et auditer mensuellement les connexions.
- Utiliser des outils de transmission sécurisée (liens protégés, plateformes chiffrées) pour l’envoi de RIB, diagnostics et offres financières, et conserver une preuve d’envoi.
- Former régulièrement le personnel sur le RGPD et le secret professionnel, et conserver les attestations de formation.
Conflits d’intérêts et transparence
La détection et la déclaration des conflits d’intérêts sont obligatoires. Toute situation où un agent pourrait privilégier un intérêt personnel ou celui d’un proche doit être signalée et formalisée. L’information au client doit être immédiate et écrite, précisant la nature du lien et les mesures prises pour garantir l’impartialité.
Par exemple, si un collaborateur a un lien financier avec un prestataire intervenant sur un bien, ce lien doit être déclaré et le client informé avant toute prestation. La non-déclaration expose l’agence à des sanctions administratives, au retrait de la carte professionnelle et à des poursuites civiles.
Non-discrimination et traitement équitable
Les agents immobiliers doivent respecter l’interdiction de discrimination dans l’accès au logement et aux services. Refuser une visite ou une candidature pour des motifs interdits (origine, sexe, situation familiale, etc.) entraîne des sanctions et des demandes de réparation. Les process internes doivent inclure des scripts de communication, des critères objectifs d’analyse des dossiers et un registre des refus motivés.
Sanctions et contrôles administratifs
Les autorités compétentes (préfecture, DGCCRF, tribunaux) peuvent contrôler la conformité des pratiques. Les manquements peuvent entraîner des avertissements, des amendes, le retrait temporaire ou définitif de la carte professionnelle et des poursuites pénales en cas d’infractions graves. La tenue rigoureuse des dossiers et la formation continue réduisent fortement le risque de sanction.
Checklist pratique pour l’agence
- Mandat écrit et signé pour chaque mission.
- Clause de confidentialité intégrée et signée.
- Registre des déclarations d’intérêts et des conflits potentiels.
- Accès restreint aux dossiers et audits réguliers des connexions.
- Preuves de transmission sécurisée des documents sensibles.
- Formation annuelle obligatoire sur déontologie et RGPD pour tous les collaborateurs.
- Affichage visible en agence des principes déontologiques et des coordonnées de recours.
La conformité au décret n°2015-1090 et aux lois connexes n’est pas seulement une obligation légale : elle renforce la confiance client et protège l’agence. Mettez en place des procédures simples, formez vos équipes et conservez des preuves documentées. Pour obtenir des modèles de mandats, de clauses et une affiche déontologique, consultez Legifrance ou sollicitez un accompagnement juridique spécialisé afin d’adapter les modèles à votre activité.









